Théâtre
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Bovary : la genèse d’une pièce de théâtre

En ce moment se joue la pièce Bovary à la Filature. Une énième adaptation du roman que vous avez été forcé(e) d’étudier à l’école ? Que nenni ! La compagnie Dinoponera a décidé d’en faire une pièce qui donne à réfléchir sur le monde actuel. J’ai assisté à un petit bout des répétitions et j’ai pu rencontrer le metteur en scène Mathias Moritz lors d’une résidence à la Filature. 

Les répétitions de la pièce : ça bosse dur !

Je n’ai jamais fait de théâtre ni assisté à des répétitions, j’étais donc terriblement curieuse de savoir comment tout le spectacle se construit. À mon arrivée, les acteurs étaient en train de travailler une scène. Le plus gros des répétitions avait déjà été effectué, il s’agissait maintenant du réglage des détails. Dans cette scène, ils étaient plusieurs à devoir laisser tomber leur chaise en même temps. Mais bien évidemment, comme nous sommes au théâtre et qu’aucun mouvement n’est superflu, il fallait que les chaises tombent de manière harmonieuse et sensiblement dans le même sens. C’est moins évident qu’il n’y paraît ! C’était également la première fois qu’ils répétaient cette scène-là dans la salle modulable de la Filature. Il fallait donc reprendre des repères, se repositionner dans l’espace… Finalement le gros du travail ce n’est pas d’apprendre son texte, mais tout ce qui concerne la mise en scène, pour que le message passe et que tout soit parfait.

dinoponera bovary

Répétition des acteurs et jeux de lumière – © My-Mulhouse.fr

Assister aux répétitions ne m’a pas permis de me rendre compte de ce que le spectacle allait donner en vrai (et heureusement, je n’aurais pas aimé voir ma surprise gâchée, vu que je vais le voir ce soir !). Mais j’ai pu me rendre compte d’un petit échantillon de l’énorme travail qu’il y a derrière, et c’est assez impressionnant. Que de temps et de personnes rassemblées pour nous offrir ces 3 heures de spectacle !

Mathias Moritz et la compagnie Dinoponera

J’ai également eu l’occasion de rencontrer Mathias Moritz, le metteur en scène, qui a eu la gentillesse de me raconter son parcours et ce qui l’a poussé à vouloir présenter ce grand classique de la littérature au public. Pour Mathias Moritz, tout a commencé très tôt : un ami de ses parents est régisseur au théâtre du Maillon à Strasbourg. Il baigne donc très jeune dans le monde du spectacle… et ne l’a finalement plus quitté. Sa scolarité est chaotique, et il trouve son bonheur dans un atelier de théâtre. Son rêve est alors de devenir comédien. À 17 ans, il créé sa première compagnie de théâtre. Il aborde le répertoire contemporain rencontre un vrai succès populaire. L’objectif de la troupe est de dépasser les clivages entre théâtre amateur et théâtre professionnel, et de permettre à tous ceux qui le désirent d’accéder à la culture. La compagnie se professionnalise, et au fil des ans se lance de nombreux défis. Selon Mathias Moritz, se mettre des bâtons dans les roues est finalement ce qui leur permet d’avancer. Après avoir mis en scène un véritable cycle d’auteurs germaniques – comme par exemple Werner Schwab – il décide de trouver un nouveau point d’accroche : ce sera Bovary.

Les Bovary de Mathias Moritz

La pièce s’appelle Bovary et non pas Madame Bovary car le souhait était de ne pas parler que d’Emma Bovary, mais également de Charles, son mari. La pièce développe notamment l’enfance de Charles Bovary. On y retrouve également l’idée du personnage central féminin, prisonnier de son milieu. La mise en scène est résolument moderne et originale, mais le génie de Mathias Moritz et de sa troupe consiste à être très fidèles au roman, tout en le transposant dans leur propre univers. Ils se sont basés à la fois sur l’oeuvre achevée, mais également sur les brouillons de Flaubert. C’est ainsi qu’ils ont pu créer une pièce unique, avec des thèmes bien loin du cliché du bovarysme : on y entend parler de destinée, mais également des conséquences du capitalisme et de la mondialisation. Dinoponera s’est inspiré de la célèbre phrase : “Madame Bovary, c’est moi.” de Flaubert, pour faire de sa pièce une oeuvre qui peut toucher chacun de nous.

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Emma Bovary – © Dinoponera/Howl Factory

Pour conclure

La pièce se joue encore ce soir à la Filature. J’ai vraiment hâte de découvrir comment tout cela va se traduire sur scène. J’aime les classiques, et j’aime encore plus quand ils sont revisités ! Je vous ferai un petit article pour vous dire comment c’était !

J’ai aimé : découvrir l’envers du décor
J’ai moins aimé : rien à signaler !

Infos pratiques :
La Filature
20 allée Nathan Katz
68100 Mulhouse
Tél. : 03 69 77 65 10
Site web : http://www.lafilature.org
Site web de la compagnie : http://www.dinoponera.com/
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Mulhousienne d'adoption, je suis peu à peu tombée sous le charme de cette ville. Sous ses airs de grande cité industrielle elle cache des tas de petits trésors que j'aime dénicher au gré de mes promenades...

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