Inclassable, Musique
Laisser un commentaire

La Dame de Pique à la Filature

Dimanche 5 juillet, je suis allée voir un opéra que je ne connaissais pas du tout, La Dame de Pique de Tchaïkovski, mis en scène par Robert Carsen. Et j’ai beaucoup aimé voir cet opéra (en russe), qui en plus se déroulait dans une salle climatisée pour échapper quelques heures à la canicule 🙂 . Merci la Filature !

La Dame de Pique, un opéra russe

Cette histoire d’amour impossible se passe en Russie à la fin du XVIIIe siècle. Un jeune officier, Hermann, est amoureux d’une jeune fille d’une autre classe sociale que lui (sa grand-mère est comtesse). D’abord fiancée à un prince, Lisa, la jeune fille en question, est déjà amoureuse d’Hermann et finit par lui avouer ses sentiments. Elle rompt ses fiançailles pour être avec Hermann. Le problème ? La comtesse, surnommée « La Dame de Pique », détient un secret pour gagner au jeu du Pharaon (un jeu de cartes à la mode au XVIIIe siècle). Hermann, addict au jeu, est obsédé par les gains qu’il pourrait percevoir en découvrant son secret. Il parvient à ses fins, mais au prix de la vie de la vieille femme. Dans un premier temps, son objectif est de devenir suffisamment riche pour être digne d’épouser sa bien-aimée, mais ensuite… il perd la tête ! Tout cela mène les amants à une fin tragique. Et dire que dans tout ça, Lisa ne lui avait rien demandé !

Un moment entre fille avec Lisa et Pauline - La Dame de Pique de Tchaïkovski à la Filature

Lisa (la blonde) et Pauline (la brune), deux amies – © Klara Beck

Une mise en scène qui fait de l’effet !

J’ai beaucoup aimé cet opéra, que je ne connaissais absolument pas au départ. Ce qui m’a frappée en premier, ce sont les décors monochromes, tout en vert sombre comme le revêtement des tables de jeu. Et vu l’intrigue, le destin tragique, le vert foncé est bien la couleur idéale, car on se dit assez rapidement que « ça sent le sapin » !

L’ambiance de l’opéra est très sombre, et je trouve que le décor l’exprime parfaitement avec cette couleur qui habille la scène du sol au plafond, les éclairages tamisés, indirects, et les tenues noires (ou du même vert foncé que le décor) des personnages. Cela donne un sentiment d’oppression, que j’ai particulièrement ressenti lorsque le mur du fond avançait vers le devant de la scène. Cela se passait à deux reprises je crois, toujours lorsque le ou les personnages sur scène ont des raisons d’être particulièrement stressés. C’est dingue l’effet que ça fait de voir ce mur avancer, la pièce se rétrécir, on dirait qu’on n’a plus d’oxygène !

Bien que l’intrigue se déroule au XVIIIe siècle, les costumes correspondent plutôt aux années 50/60. Le décor est assez épuré : des tables, des chaises, ou encore un lit seul au milieu de la scène. Cela fait qu’au final le décor et les costumes suggèrent le raffinement (les matières capitonnées, les robes des années 50, c’est plutôt classe 🙂 ), mais avec modernité.

Des chanteurs au taquet

Concernant les voix, j’ai particulièrement aimé entendre les chœurs : ils ont chanté des airs magnifiques avec une maîtrise nickel chrome. Et il y en avait pour tous les goûts : chœurs d’hommes, de femmes ou mixtes. Je me suis aussi surprise à frissonner deux ou trois fois en pendant les airs de Lisa (interprétée par Tatiana Monogarova). Ça ne m’était encore pas arrivé !

La comtesse entre dans sa chambre après une promenade - La Dame de Pique de Tchaïkovski à la Filature

La comtesse entre dans sa chambre après une promenade – © Klara Beck

J’ai adoré… l’enterrement de la comtesse !

Un de mes passages préférés de cet opéra, c’est l’enterrement de la comtesse. On entend d’abord un air du chœur, vraiment très beau. Et ensuite, alors qu’Hermann se trouve seul devant le cercueil de la comtesse, son spectre lui apparaît ! Bouuuu ! C’était très réussi avec l’éclairage sur son visage très pâle, le récitatif de la comtesse et la musique très pesants. Ça change des clichés cul-cul !

 

J’ai aimé : les chœurs, l’intrigue, la clim 🙂

J’ai moins aimé : c’est certainement fait exprès, mais au bout d’un moment j’en avais un peu marre de tout ce vert

Infos pratiques :
La Filature
20 allée Nathan Katz
68100 Mulhouse
Tél. : 03 69 77 65 10
Site web: www.lafilature.org
Classé sous : Inclassable, Musique

de

Mulhouse, ça a d’abord été pour moi une ville où faire mes études et travailler :) . Maintenant je m’intéresse à tout, mais mon sujet préféré, c’est la musique !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *