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Fakear : rencontre avec un jeune éveillé sur Décibulles

Une rencontre avec un superbe artiste : Fakear, qui s’est produit le vendredi 8 juillet 2016 sur le festival Décibulles, à Neuve-Eglise (67). Découvrez-le !

fakear decibulles

Fakear, ambassadeur de la musique électro se donne à fond pour le plaisir de son public – ©Camille Dietsch pour My Mulhouse

Je m’apprête à rencontrer le premier artiste qui a accepté de me recevoir sur le festival Décibulles : Fakear. Un jeune homme de 25 ans qui fait de la musique électro. Les interviews se passent à l’extérieur, sur le parvis d’une petite chapelle de campagne… plutôt atypique. Il arrive, on se salue, je le remercie de me recevoir et je lui annonce que je ne mène pas des interviews entièrement classiques. Voici notre échange…

Camille : Fakear, tu es un artiste de musique électronique reconnu, je te remercie d’avoir accepté de recevoir My Mulhouse pour un interview. On est à Décibulles, est-ce que tu as déja fait des bulles à savon ?

Fakear : J’étais pas très doué pour dire vrai. J’en ai pas fait depuis des années, mais je me rappelle que je n’étais pas vraiment bon pour ça. J’ai franchement perdu la main !

Tu as un succès énorme, on te définit parfois comme « le nouvel ambassadeur » de la musique électro. Comment tu ressens ça ?

Y a pas de recette, ce n’est pas une manière de vivre. J’ai assez rapidement essayé de faire la différence entre ego et confiance en soi. Parce que dans la vie on revêt plusieurs masques, du coup, j’ai aussi celui de Fakear, et quand je rentre chez moi je l’enlève. C’est cool, j’essaye de me détacher.

Dans le clip de la chanson ANIMAL, on voit un jeune garçon qui poursuit ses rêves, qui colle des plumes sur les ballons et rêve de ces ballons. Est-ce que tu as déjà toi, envoyé un ballon dans les airs avec un message ?

Non, ça ne m’est jamais arrivé. Un ballon simple dans les airs, oui, mais pas avec un message, non…

Est-ce que je me trompe ou le message que tu souhaites faire passer avec ce clip c’est « poursuivez vos rêves, quoique les autres en disent » ?

Exactement, mais ça ne se limite pas qu’à ce clip. Dans tous mes clips d’ANIMAL, j’essaie de montrer que tout est possible, et qu’il faut y croire. Néanmoins, ça reste sous-jacent, parce que j’encourage à se libérer, parce que finalement la plus grande prison c’est la sienne, la nôtre quoi. Tu peux décider de remettre de la vie dans toute chose. Tu décides ce qui est source de ton bonheur. Tu as les commandes, pas la société.

Wow… effectivement, tu as bien avancé avec ton ego. Ton discours est plutôt spirituel. Tu as été baigné là-dedans ?

Non, pas vraiment. Mes parents sont très cartésiens. Je me trouvais coincé, pas au sens timide, mais plutôt, pas ouvert sur le monde. Je pense que c’est vraiment la rencontre avec ma copine qui a tout changé. Elle a une grande ouverture spirituelle et ça m’a beaucoup aidé.

Quand tu étais gamin, tu rêvais de quoi ?

De ça ! De ce que je vis, la musique ! Je jouais de la guitare et mes parents sont aussi professeurs de musique, je rêvais de vivre de la musique. Du coup, j’ai réalisé mon rêve.

C’était le seul ?

À l’époque oui, mais j’en ai encore, c’est sûr. Je poursuis mes rêves, j’upgrade (je les remets à niveau, ndlr). Aujourd’hui, je pense que mon rêve serait d’atteindre la sagesse, d’être inébranlable, de continuer à me construire en tant qu’homme. À 25 ans, je suis sorti de mes conflits d’adolescent, j’ai mûri et ce débat avec mon ego est clos. J’essaie de me détacher, la course aux « likes » ne m’intéresse pas. J’aimerais bien atteindre autre chose maintenant. Un vrai tour du monde ferait partie de ça, et aussi, faire des enfants. C’est clair.

Tu as l’air vraiment ouvert et très mature ! Certains artistes peuvent en prendre de la graine !

Merci.

Tu as entendu parler de Mulhouse ?

Oui, j’y ai joué ! Au Noumatrouff. C’était cool.

Qu’est-ce qui a changé ta vie ?

(… il réfléchit) Fakear, ce projet qui a monté. Mais tu ne te construis pas de manière normale quand ce genre de chose t’arrive. Ton ego est comblé, c’est une illusion pour vivre, mais j’avais plus de mal à me remettre en question. Comme dit, j’ai évolué et aujourd’hui, je me demande parfois ce que je veux devenir, comment accorder ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Fakear c’est cool. J’ai vécu des choses incroyables, mais j’ai freiné des dates déjà, parce que je sentais que ça prenait trop d’ampleur sur ma vie. J’ai levé le pied.

Ça ne te fait donc pas peur de freiner ton ascension ?

Non, pas du tout. Je n’ai pas peur de mettre ma carrière en standby. Au contraire, je vais d’ailleurs faire une pause dans quelques mois pour partir à l’étranger en backpacker. Je me réjouis de ce voyage. Je pense que j’ai accompli mon karma dans cette aventure de musique, du coup, je n’ai plus peur.

Les fakirs sont des personnes qui sont assises sur des tapis de clous à l’envers, mais ils sont aussi magiciens. Tu fais un peu de la magie à pouvoir transporter les gens comme tu le fais, non ?

(rires) Les œuvres d’art qui me touchent sont celles qui me transportent. J’ai choisi Fakear parce que j’avais lu qu’un fakir est un esthète qui s’inflige des blessures physiques dans un but spirituel. Au-delà de l’aspect blessure, ça me paraissait plutôt bien !

Quand je t’écoute, j’ai un problème, parce que mon corps fait comme (mouvement de danse), aurais-tu une solution ?

Ecoute-la dans un bain ! Ou dans le train. Le mouvement du train va annuler ton envie de mouvement (rires).

Merci, j’essaierai le bain ! Mais du coup, ça te fait quoi de voir une foule en délire devant toi quand tu mixes ?

Ça te met dans un autre mood (humeur, ndlr). C’est comme les live des Gun’s n’Roses où les mecs finissent avec leur t-shirt mouillé à les faire tourbillonner au-dessus de leur tête… Ça peut vite être transportant. Je fais tout de même attention à mon ego. Je n’ai pas envie qu’il se développe plus que ça… J’aime la sueur qui se dégage des concerts, et j’aime sentir toute l’énergie qui se dégage du public, de la foule, et prendre cette énergie pour la resservir au public. Je m’en sers pour construire ma propre énergie, c’est un ré-investissement !

concert fakear transe

Tout le monde est en transe sur le son de Fakear – ©Camille Dietsch pour My Mulhouse

C’est quoi ta danse préférée ?

Tiens, en v’là une qui est bonne! (…il réfléchit) Ce serait un mélange de ce qu’on trouve dans le jungle, la danse contemporaine, le hip-hop et la danse contact…

Et ton animal préféré ?

(il me montre son tatouage sur l’avant-bras droit) Le loup ! C’est ma nana qui m’a appelé « mon loup » et je me suis dit « ah ouais, tiens, carrément ! ».

Tes morceaux préférés ce serait quoi ?

(il réfléchit, cette question n’est jamais facile) J’aime beaucoup Outro de M83 sur l’album Hurry up we’re dreaming, puis aussi Get free de Major Lazer… et Abandon window de John Hopkins.

Pour finir, tu es quel genre de consommateur ?

Je suis un végétarien en devenir… Pas encore, mais en devenir ! Je fais local au mieux, et on est en train de regarder pour construire une tiny house avec ma copine, qui soit auto-suffisante en énergie au possible. Je suis plutôt pour la décroissance.

Merci beaucoup de ton temps Théo, c’était vraiment chouette de te rencontrer. Merci de m’avoir accueillie. Bon concert. Ou on dit mix ?

Non, non, concert ! Ouais, je vais kiffer ! Merci à toi.

Je termine cet interview avec un grand sourire, parce qu’une rencontre humaine comme ça, ça me fait toujours du bien. Une telle ouverture spirituelle, c’est assez rare… et donc très appréciable. Je lui souhaite de réaliser ses rêves ! Bonne route Fakear !

J’ai aimé : la rencontre avec Théo, ses paroles, puis son concert et l’ambiance de la foule !
J’ai moins aimé : comme souvent, quand c’était fini !
Infos pratiques :
Fakear, son site officiel: fakear.com
Son Facebook: facebook.com/fakear
Décibulles 2016 : le dossier
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Sundgauvienne de naissance, Mulhouse était pour beaucoup « the place to be » lorsque j’étais ado. Aujourd’hui, après de nombreuses années de vie un peu partout en France et à l’étranger, je me re-pose et re-découvre cette ville. Je vous propose de m’accompagner dans mes découvertes et kiffs sur une « place to be » parmi tant d’autres dans ce monde.

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