Théâtre
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Désir sous les ormes à la Filature : grosse claque théâtrale !

Un vendredi soir, une envie : voir une pièce de théâtre. Direction La Filature !

La pièce que je suis allée voir, c’est Désir sous les ormes, une tragédie par Eugene O’Neill. Je ne connaissais pas du tout la pièce, mais je connais bien l’auteur, puisque j’ai dû étudier une autre de ses oeuvres majeures (Le deuil sied à Électre) en fac d’anglais. Je savais donc que je n’étais pas partie pour voir la fanfare des Bisounours en action, mais plutôt une pièce sombre et mélancolique.

Une histoire forte

L’histoire, c’est celle d’une famille paysanne de Nouvelle-Angleterre dans les années 1850, en pleine période de ruée vers l’Or. Le père, Ephraim, est censé être parti chercher de l’or en Californie. Ses trois fils s’occupent de la ferme en son absence, et espèrent apprendre le décès de leur père pour en hériter. Mais le père revient, accompagné d’une jeune et belle épouse prénommée Abbie. Elle aussi a été attirée par l’appât du gain, l’idée de posséder enfin une ferme et un lopin de terre.

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Désir sous les ormes par Eugene O’Neill et Guy Pierre Couleau – © André Muller

Une histoire d’amour se noue entre Abbie et Eben, le plus jeune des fils. Et parce qu’Eugene O’Neill n’est pas le plus grand dramaturge américain pour rien, cela finit mal, très mal même.

Le texte de la pièce en lui même est assez bouleversant. On finit par s’attacher aux personnages, même s’ils sont cupides et immatures, et la fin est particulièrement poignante. Les thèmes forcément nous renvoient à notre propre rapport au monde : matérialisme, amour, filiation… Désir sous les ormes nous donne matière à réflexion, et provoque une sorte de fascination troublante envers ses personnages.

Une mise en scène marquante

C’est Guy-Pierre Couleau, le directeur de la Comédie de l’Est, qui a mis en scène la pièce, et il l’a fait magistralement bien. Les décors étaient froids, épurés. Tout au long de la pièce, des jeux d’ombres et de lumières savamment orchestrés donnaient une certaine beauté mélancolique à la fois au décor mais également au jeu des acteurs.

Et les acteurs, parlons-en. J’ai été littéralement bouleversée par les jeux d’acteurs de Nils Öhlund, qui interprète Eben, et Stéphanie Pasquet, qui joue Abbie. Nils Öhlund jouait parfaitement son rôle d’homme-enfant en mal d’amour, torturé par l’idée de posséder quelque chose dans sa vie : une ferme, une famille à lui… Quant à Stéphanie Pasquet, elle était parfaite dans ce rôle de femme qui se laisse prendre à son propre piège et devient victime d’une situation qu’elle pensait maîtriser.

Si vous souhaitez en savoir plus, regardez cette vidéo sur le processus de création de Désir sous les ormes :

J’avoue que la fin de la pièce a mis mon canal lacrymal à rude épreuve, mais j’ai beaucoup, beaucoup apprécié.

J’ai aimé : absolument tout
J’ai moins aimé : les sièges de la salle modulable de la Filature ne sont pas super confortables

Infos pratiques :
La Filature
20 allée Nathan Katz
68100 Mulhouse
Tél. : 03 69 77 65 10
Classé sous : Théâtre

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Mulhousienne d'adoption, je suis peu à peu tombée sous le charme de cette ville. Sous ses airs de grande cité industrielle elle cache des tas de petits trésors que j'aime dénicher au gré de mes promenades...

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