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Détour par la 1ère Biennale de la photo de Mulhouse

Ma passion pour la photo m’a poussé à vous partager cet évènement qui se déroule depuis le 15 juin et jusqu’au 15 septembre à différents endroits de Mulhouse. Je me suis ainsi rendu dans ces endroits où il y a toujours quelque chose à voir notamment dans le domaine artistique, tout au long de l’année.

Mulhouse, pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, a une histoire commune avec la photographie depuis le XIXème siècle en lien avec son passé industriel, grâce à un certain Adolphe Braun qui avait développé une entreprise de reproduction photographique de fleurs qui servaient de motifs pour les tissus imprimés. L’entreprise Braun éditait aussi certaines œuvres d’art en carte postale. Il est donc de bon ton que notre ville labellisée d’Art et d’Histoire ait elle aussi sa Biennale de la Photo, qui pour ne pas (encore) égaler celle d’Arles est quand même une belle réussite.

Je me suis donc rendu pour commencer au musée des Beaux-Arts où j’ai eu quelques bonnes surprises. Notamment l’expo qui a été baptisée « Play & Replay », ce qui est un clin d’œil car depuis l’avènement du numérique, l’usage de processus post-photographiques s’est généralisé et les artistes jouent et rejouent avec des photos existantes, les leurs ou même celles des autres…

J’ai par exemple beaucoup apprécié le travail d’Isabelle Le Minh sur la série des « Liseuses », reproductions de portraits de femmes réalisés en studio au début du XXème siècle. Toutes ont été photographiées avec un livre à la main, qu’elle a remplacé par des ouvrages sur la photographie et chaque portrait est accompagné d’une bande peinte à l’huile, reprenant une des couleurs présente sur la couverture de l’ouvrage. Elle a aussi réalisé un mur avec des photos argentiques amateurs jaunies et retournées face au mur pour former le mot « MORE ».

biennale photo mulhouse

MORE, Isabelle Le Minn – ©Ray Mond pour My Mulhouse

Une surprise m’attendait un peu plus loin. La photographe Dorothée Baumann confronte ésotérisme et documents de laboratoire et propose une expérience participative… Elle invite le public à participer à son travail en lui permettant de découvrir que son corps s’étend au-delà de ses limites supposées. Elle propose de nous montrer notre aura, cette partie de notre corps que nous ne connaissons ou du moins que la plupart ne connaisse pas et surtout que nous ne maîtrisons pas. Après la photo de cette aura, un médium décrypte individuellement sur place les images créées et offre à chacun un langage pour interpréter ces nouvelles perceptions de soi. Puis les photos polaroïd sont affichées sur les murs pour former une œuvre que personnellement j’appellerais « aurique » !

Michel François quant à lui, photographe belge et artiste multidisciplinaire expose dans le monde entier, a produit des affiches disséminées dans l’espace public dans le quartier des Coteaux et au Nordfeld entre autres. Il invite le public à emporter une grande affiche de 120 x180 cm représentant une sculpture sous deux angles différents sur le campus universitaire de Mexico City spécialement produite pour l’occasion.

photo mulhouse

Photo d’auras, Dorothée Baumann – ©Ray Mond pour My Mulhouse

Je suis encore allé dans les différents endroits d’exposition et chacune d’elle m’a apporté quelque chose de différent visuellement mais surtout émotionnellement car la photographie doit être pour moi, tout comme l’art en général, avant tout un vecteur créateur d’émotions et de sensations pour l’âme.

Mes pas m’ont donc porté encore vers la Kunsthalle de la Fonderie, la bibliothèque de la Grand’Rue, la galerie Hors-Champs rue Schlumberger, la Filature et la Vitrine, boutique associative qui elle aussi vaut le détour Avenue Kennedy.

Mulhouse et l’art contemporain, c’est une longue histoire d’amour et cet évènement photographique organisé par l’Agrandisseur, visible encore quelques jours (jusqu’au 15 septembre), sera reconduit tous les 2 ans.

J’ai aimé : moi qui préfère être derrière l’objectif plutôt que devant, j’ai aimé faire photographier mon aura par Dorothée Baumann et j’ai beaucoup aimé ce que m’a dit le médium lors de son analyse 😉
J’ai moins aimé : ne pas vraiment saisir tous les aspects un peu complexes de l’installation « Ten Works » de Daniel Gustav Cramer à la Kunsthalle.

Infos pratiques :
Association l’Agrandisseur
28 rue de Stalingrad
68100 Mulhouse
Tél. : 06 99 73 81 80
agrandisseur [@] gmail.com
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De nature curieuse, je m'intéresse à tout mais en particulier à l'Art sous toutes ses formes. Mulhouse, de par sa richesse artistique, culturelle et historique est un vrai bonheur pour le photographe passionné que je suis.

2 Commentaires

  1. Oui, exposition variée et intéressante sur la photographie, au Musée des Beaux-Arts…

    par contre prétention et creux pour l’expo présentée à la Fonderie ( Gustav Cramer)..
    par rapport à laquelle j’ai émis cette opinion

    Dans ce superbe lieu que constitue la Kunsthalle… on pouvait s’attendre à la présentation d’oeuvres importantes, pour justement, l’habiter, l’espace d’une exposition – qui marquerait les esprits… Avec Gustav Cramer on est au contraire confronté à une grande vacuité… qui laisse une trace ironique sur le titre même « ten WORKS » .. tant le propos paraît faible .

    Oui on aura compris le « truc » des petites variations entre clichés photographiques,
    oui, on aura feuilleté les livres aux pages blanches ( on peut effectivement toujours y inscrire ses rêves – il y a de la place- )
    Oui, on aura contourné le cylindre de béton, et observé comment deux boules placées dans un espace – se rassemblent peureusement en se touchant…
    Et au total, même si ce sont des oeuvres prétendument conceptuelles…

    on se demande bien où est le concept… ( à défaut d’être intéressé par un côté artistique),

    défaut qui semble être une constante obligée dans les sites qui s’affichent pourtant comme des lieux d’arts…

    mais c’est sans doute un choix qui reflète réellement la situation artistique contemporaine: la pauvreté de pensée… et donc de résultat.

  2. Bonjour Rechab,
    Merci pour votre commentaire qui va dans le sens de ce que je dis en conclusion, il est vrai édulcoré de l’article dans le ” J’ai moins aimé : ne pas vraiment saisir tous les aspects un peu complexes de l’installation « Ten Works » de Daniel Gustav Cramer à la Kunsthalle”.
    Je crois que beaucoup de personnes n’ont pas vraiment apprécié cette installation, ce que certaines m’ont confirmée sur place.
    Cordialement
    Raymond

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