Théâtre
Laisser un commentaire

Go Down, Moses : un spectacle poignant

Comment dire… C’était vraiment particulier. Au début on cherche le rapport avec Moïse, puis on comprend un peu. On s’effraie, on s’impatiente, on se questionne. Ca oui, ce qui est sûr c’est qu’on ne ressort pas sans questions de cette pièce de théâtre. 

Le scanner, le vide, l'obscurité, les bruits stridents... ça donnait presque le tourni - © Guido Mencari

Le scanner, le vide, l’obscurité, les bruits stridents… – © Guido Mencari

Go Down, Moses est un spectacle de Romeo Castellucci. C’était en italien, mais sur-titré en français. On n’en a pas beaucoup eu besoin car il n’y avait qu’une scène avec des dialogues.

Je ne sais pas par où commencer pour vous raconter ce spectacle qui m’a, il faut le dire, assez troublée. Au début, on voit une femme se vider de son sang, gémir de douleur, et c’est assez difficile à voir. Ce que j’ai soufflé à mon amie qui m’accompagnait et qui trouvait cela assez horrible, elle aussi, c’est qu’au moins, l’actrice jouait bien ! Ah oui, ouf, ce sont des acteurs. Mais ce n’est pas comme au cinéma, c’est du spectacle vivant, ils sont vraiment en train de faire tout ce qu’ils font là sous nos yeux. Allez, je me ressaisis, c’est du faux sang. Et je comprends qu’elle est en train d’accoucher de… Moïse j’imagine. Ca me projette dans l’histoire. Nous sommes dans une époque contemporaine et elle accouche dans les toilettes d’un bar (avec lavabo, eau potable et tout), et ça, déjà, c’est original.

Peu après, vient la scène que j’ai le plus apprécié. La femme est assise dans le bureau d’un inspecteur, qui tente de savoir qu’est-ce qu’elle a fait de son bébé (ils ont retrouvé la femme avec un sac poubelle taché de sang) ! Et là on saisit un peu la souffrance que peut ressentir une mère contrainte de “confier” son bébé au Nil, dans une corbeille en osier. Hou. C’est dur. Elle explique alors que Moïse va sauver son peuple de l’esclavage. L’inspecteur ne comprend rien et pense qu’elle délire. Elle précise qu’avant de pouvoir être libéré, le peuple doit d’abord prendre conscience de son état d’esclavage… Intéressant. C’était vraiment pour moi le cœur du spectacle. Les scènes se déroulent à des époques très éloignées les unes des autres, mais cette interrogation sur l’esclavage/la liberté et le sens de la vie reste en filigrane.

La mère de Moïse - © Guido Mencari

La mère de Moïse – © Guido Mencari

L’autre moment fort, c’est quand une femme (singe ?) écrit un grand “SOS” sur la toile transparente devant la scène. On vient d’observer une longue scène qui se passe dans une sorte de grotte. Et j’avoue que je suis peut-être passée à côté du sens de cette scène. Ce qui est bien fait, ce sont les variations de l’éclairage, les acteurs qui vont et viennent sans que l’on se rende bien compte de tout ce qui se passe. D’un coup, ils ne sont plus que deux. La scène d’amour est un peu bizarre. Aucun signe d’amour d’ailleurs, c’est juste de la reproduction. Ils viennent d’enterrer un bébé donc… ils en font un autre ? 🙂 Au début je croyais que le bébé était Moïse mais en fait non, en plus on avait carrément changé d’époque. Bref : c’était difficile à comprendre. Mais le “SOS” à la fin de cette scène, c’était vraiment poignant. Et les gros coups de poings que l’actrice mettait dans la toile aussi. Bhouu je me sentais mal. Mais ce “mal” positif finalement, qui permet une prise de conscience.

Un appel au secours - © Guido Mencari

Un appel au secours – © Guido Mencari

Je vous passe les détails sur le rouleau qui aspire des têtes, la scène du scanner, et tous les autres trucs bizarres que mon esprit ne sait pas comment gérer aujourd’hui. 🙂 Ce qui est sûr c’est que je n’ai pas été insensible à ce spectacle. Je n’avais jamais vu une pièce de théâtre aussi prenante et déconcertante. J’aime bien être bousculée et remise en question, mais là… C’était peut-être un tout petit peu trop. Je pense que c’était voulu par Romeo Castellucci, et j’ai l’impression que toute la salle a été un peu secouée.

Du coup, en sortant de la Filature on a filé au Murphy’s pour se changer les idées. J’ai pris un bon grog. 😉 Et aujourd’hui je rédige mon article, ce qui me permet aussi d’extérioriser et de tourner la page sur cette expérience pour le moins… traumatisante unique !

J’ai aimé : Entendre parler italien (trop jolie cette langue), les jeux de lumière, les questionnements sur le sens de l’existence que cette pièce nous impose.
J’ai moins aimé : La bande son forte, répétitive et incessante sur certaines scènes. Ne pas avoir été prévenue que quelques images pouvaient heurter la sensibilité de certains (j’avoue, je suis ultra sensible, mais quand même). En lisant d’autres critiques je me rends compte que je n’ai effectivement pas tout pigé : j’aurais dû me renseigner davantage avant le spectacle.
Infos pratiques :
La Filature
20 allée Nathan Katz
68100 Mulhouse
Tél. : 03 69 77 65 10
Site web : www.lafilature.org
Classé sous : Théâtre

de

J’ai toujours adoré prendre des photos partout où j’allais (restaurants, balades en ville…), et j’ai souvent rêvé d’être journaliste pour rédiger mes critiques. Je m'exprime donc sur ce blog avec plaisir, depuis son lancement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *