Théâtre
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Grandiose Lucrèce Borgia !

C’était un des évènements les plus attendus de la saison, et à juste titre : « Lucrèce Borgia », mis en scène par David Bobée et avec Béatrice Dalle, a époustouflé la grande salle hier soir.

A quelques minutes de la représentation, je m’installe et je contemple la scène. De l’eau partout, des structures métalliques, et un « Borgia » en grandes lettres lumineuses : le ton est donné. La lumière s’éteint, arrivent Gennaro et ses compagnons, une brochette tout en muscles et en verve, jouant de l’eau et des installations avec force éclaboussures. Gennaro s’endort, ses amis partent, Lucrèce arrive. Béatrice Dalle, en longue robe noire, s’avance vers Gennaro. La salle retient son souffle.

Une interprétation magistrale - © Arnaud Bertereau / Agence Mona

Une interprétation magistrale – © Arnaud Bertereau / Agence Mona

Passion et douleur

Le mythe de Lucrèce Borgia est entouré de soufre et de mystère : fille d’un cardinal (le futur pape Alexandre VI), femme aux mœurs dissolues, incestueuse, empoisonneuse en série, elle a marqué durablement son époque et inspiré de nombreux auteurs. Dans la pièce, cette femme terrible suscite pourtant de l’empathie car prisonnière d’une époque, et de son amour pour Gennaro, ce fils auquel elle ne peut avouer qu’elle est sa mère. L’interprétation de Béatrice Dalle, qui fait avec « Lucrèce Borgia » ses premiers pas au théâtre, est impressionnante de justesse, de passion, de douleur.

Le dîner chez la Negroni - © François Stemmer

Le dîner chez la Negroni – © François Stemmer

La douleur de Lucrèce - © Arnaud Bertereau / Agence Mona

La douleur de Lucrèce – © Arnaud Bertereau / Agence Mona

David Bobée a interprété le drame de Victor Hugo en une tragédie rock habillée de guitares saturées, dans laquelle  on trouve aussi des moments presque surréalistes, notamment la scène du dîner chez la Negroni. Les jeunes hommes habillés en femmes dansent, boivent, et glissent progressivement de la fête à l’excès, du joyeux au grivois, pour terminer empoisonnés, dérivant sans vie sur des radeaux de fortune.

J’ai aimé : cette Lucrèce aussi tourmentée que cruelle.
J’ai moins aimé : rien.
Infos pratiques :
La Filature
20, Allée Nathan Katz
68090 Mulhouse
Tél. : 03 89 36 28 28
Mail : info [ @ ] lafilature.org
Site web : www.lafilature.org
Facebook : www.facebook.com/LaFilature.Mulhouse
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Au début, de l'indifférence, puis de l'attachement, ensuite un rejet total, et aujourd'hui je l'aime aussi tendrement que sereinement. Une histoire d'amour classique, donc, que j'essaie de raconter à ma façon, avec les mots que j'adore manier et les images qu'elle m'offre chaque jour.

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