Musique
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La Clemenza di Tito à la Filature

Dimanche 8 mars 2015, c’était le jour de la représentation de La Clemenza di Tito à La Filature. Je me réjouissais d’aller voir un opéra de Mozart, et j’avais raison !

J’arrive dans le hall de La Filature, on m’indique la porte 2. Ça fait très « aéroport », non 🙂 ? Et ma destination, c’est un super opéra de Mozart, La Clemenza di Tito (ou en français : La Clémence de Titus). J’entre dans la Grande Salle.

C’est l’heure : les lumières s’éteignent, et un message nous fait savoir que Jacquelyn Wagner, qui interprète le rôle de Vitellia, se remet d’une semaine de maladie. On nous demande donc de rester bienveillants à son égard. Gloups ! C’est vrai que le public peut être dur parfois envers les artistes. Et pour connaître (c’est un grand mot) un minimum le niveau d’exigence du chant à l’opéra, j’imagine (enfin j’essaie…) la pression qu’on doit ressentir juste avant d’entrer sur scène dans cette situation.

Un spectacle total : plein les yeux avec les décors et les costumes !

L’opéra commence avec l’ouverture : c’est une intro en musique, sans chant ni récitatif. A ce moment-là on a l’occasion de voir les décors sur scène.

A la base, l’intrigue se passe durant l’Antiquité, mais la mise en scène n’est pas tenue de respecter cette indication. Ici, on est dans les années 50 (ou 60, j’hésite un peu entre les deux). La scène tourne sur elle-même, elle est divisée en 4 pièces. Les figurants et personnages de l’opéra nous mettent dans le bain avec quelques scènes de vie. Vitellia dans son bureau, Servilia dans le jardin juste à côté… Il y a aussi une salle plus sombre pour les scènes « officielles » (avec Titus, c’est un peu l’empereur de Rome quand même 🙂 ), et une sorte d’antichambre à côté du bureau de Vitellia. D’ordinaire, je préfère les décors fidèles, « d’époque ». Mais là, même au XXe siècle, « ça le fait ». Les décors sont sobres, les pièces hautes, il y a des bustes dans le bureau de Vitellia : tout est là pour rappeler l’antiquité romaine. Et ce qui est bien également, c’est que les costumes de scène des années 50/60 sont super classes 🙂 . J’en ai vu, des belles robes !

Vitellia dans son bureau

Vitellia (Jacquelyn Wagner) dans son bureau au début de l’acte I © Alain Kaiser

C’est la fin de l’ouverture, la scène arrête de tourner. Waouh, je commençais à avoir le tournis, moi ! Et je me demande comment font les chanteurs pour marcher sur cette scène comme si de rien n’était. Les chanteurs commencent par des récitatifs. Là, c’est Vitellia et Sesto (version italienne de Sextus). Wahou, ça y va, il faut suivre ! Pour les faire, ces récitatifs, il faut être connecté au haut débit, on dirait ! Heureusement, on a les surtitrages 🙂 .

De quoi ça parle, La Clemenza di Tito ?

En bref, Tito (ou Titus) vient de devenir empereur de Rome. Et il se cherche une petite femme pour régner avec lui. Vitellia en rêve, mais elle est jalouse car Tito choisit successivement deux autres femmes au lieu d’elle. Pour se venger, elle convainc Sesto de mettre le feu au Capitole et d’assassiner Tito (au passage, c’est un des meilleurs amis de l’empereur). Éperdument amoureux de Vitellia, Sesto n’a plus sa raison et cède à ses exigences. Le hic, c’est qu’au moment où Vitellia ne peut plus empêcher Sesto d’agir, elle apprend que c’est elle que Tito a finalement choisie pour femme. Sa vengeance n’a plus lieu d’être, mais… trop tard ! Le dénouement de l’opéra va se jouer entre le pardon ou la punition de Tito envers ceux qui l’ont trahi, et plus encore, la capacité de Sesto à se pardonner lui-même.

L'incendie du Capitole dans l'opéra la clemenza di tito

L’incendie du Capitole commandité par Vitellia. A gauche : Servilia (Chiara Skerath) © Alain Kaiser

J’ai adoré les rôles de Vitellia et Sesto, qui font partie des rôles principaux. Il y a vraiment des airs très beaux, très techniques aussi. Finalement, Jacquelyn Wagner a parfaitement géré la situation même après quelques jours de maladie. Bravo 🙂 . Au final, j’ai adoré cet opéra : une très belle musique, des airs impressionnants, beaucoup d’action (tout est condensé en 2 actes), et des décors vraiment sympas !

Je vous recommande d’aller voir au moins une fois dans votre vie un opéra de Mozart. C’est une valeur sûre ! La preuve : tous les artistes ont été longuement applaudis dimanche 🙂 .

J’ai aimé : si je ne devais dire qu’une chose : Vitellia. La gentille-méchante de la pièce, partagée entre vengeance et regrets. Pour moi c’est le personnage le plus complexe de l’œuvre. Même quand elle veut faire le bien, elle le fait en séduisant et en manipulant. Gonflée, non ?
J’ai moins aimé : il n’y avait pas de popcorn. Je rigole, hein 🙂 .

Infos pratiques :
La Filature
20 allée Nathan Katz
68100 Mulhouse
Tél. : 03 69 77 65 10
Site web: www.lafilature.org
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Mulhouse, ça a d’abord été pour moi une ville où faire mes études et travailler :) . Maintenant je m’intéresse à tout, mais mon sujet préféré, c’est la musique !

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