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Le Sacre du Printemps au Théâtre de la Sinne

Toujours à l’affût d’une représentation qui pourrait me plaire,  je ne pouvais échapper à l’une des trois représentations du ballet du “Sacre du Printemps”, chorégraphié par Stephan Thoss, au Théâtre de la Sinne, lieu qui me tient tout particulièrement à cœur.

Imaginez mon impatience à l’idée de redécouvrir le Théâtre de la Sinne, dans lequel je ne suis plus entrée depuis une dizaine d’années. Je rêvais de voir à nouveau ses couloirs, ses décors et ce fut chose faite dimanche 11 octobre, à 15h. Le personnel est toujours présent pour nous guider et ce, dès l’entrée du théâtre, ce qui n’est pas négligeable.

Pour ce ballet, j’étais ravie de me trouver dans la première rangée du premier balcon, me donnant une parfaite vision en contre-plongée sur la scène, ce qui me permit ainsi d’avoir une vue d’ensemble sur le ballet. Ce souhait était lié aux constatations faites durant la répétition publique, au Centre chorégraphique national de Mulhouse, que je dévoilerai dans quelques lignes (oui, ce suspense est insoutenable mais la photo qui suit pourrait éventuellement être un indice).

Répétition publique au Centre chorégraphique - ©Aurore Keller pour My Mulhouse

Répétition publique au Centre chorégraphique – ©Aurore Keller pour My Mulhouse

La Chambre noire

Première partie de la représentation, j’étais curieuse de savoir ce dont il s’agissait étant donné que, psychologiquement, je n’étais que préparée au Sacre du Printemps. Je me suis donc empressée de lire les explications avant le début : la Chambre noire serait – en très bref – un monde sombre empli de mystères, dépendant de ses propres lois physiques où des interactions humaines se produiraient par phénomène d’attraction et de répulsion.

Dès les premières minutes de la représentation, les explications m’ont paru limpides, que ce soit par la chorégraphie, le décor, le jeu de lumières ou la musique. J’avais l’impression que nous observions des mondes variés par leur ambiance où les corps se rejoignaient pour mieux se fuir ensuite. J’ai particulièrement apprécié la manière dont les danseurs et danseuses se succédaient, se remplaçaient, cachés par les rideaux noirs entourant la scène. J’avais réellement l’impression de m’immiscer dans la vie intime de personnes inconnues et je comparais ces corps à des astres. J’ai été donc surprise de constater que j’ai aimé ce moment, cette introduction, cette poésie gestuelle.

Danseurs(euses) : Sandra Ehrensperger, Ninon Fehrenbach, Anna Ishii, Yann Lainé, Stéphanie Madec-Van Hoorde, Hamilton Nieh, Alain Trividic, Alexandre Van Hoorde. / Extras : Anna-Maria Maas, Valeria Quintana Velasquez.

Le Sacre du Printemps

Ce ballet a suscité de vives émotions dès sa création en 1913, au grand dam des personnes qui l’ont créé. Le cadre était placé dès les premiers temps de la représentation : une partie de la salle se gaussait de ce spectacle qui leur semblait affligeant, huait ; une autre se révoltait contre la critique acerbe par des cris tout autant envahissants visant à créer une contre-révolte. Bref, il semblait que le vacarme était installé durablement, empêchant les danseurs d’entendre correctement la musique ou le rythme qui leur était crié.

Quand j’ai su cela, mon premier réflexe a été d’écouter la musique de Stravinsky et de visionner quelques ballets du Sacre du Printemps. Il y a quelques années, cela me rendait perplexe mais, fort heureusement, mon esprit a évolué. Néanmoins, j’avançais à tatillon à l’idée de voir ce ballet dans de nouveaux atours. Quelle a été la solution ? Tout simplement d’aller voir la répétition publique pour ainsi savoir si cela me semblait abordable. Il se trouve que cette répétition m’a rassurée car j’ai apprécié cette version. Elle m’a même rendue impatiente à l’idée de voir le spectacle car nous avions face à nous Stephan Thoss, expliquant ses souhaits et sa technique de création. En outre, voir en avant-première une partie du ballet m’a permis d’identifier mes difficultés, à savoir suivre les différents groupes de danseurs et observer leur chorégraphie en simultanée (du sport, vous dis-je !).

Comprenez-vous pourquoi j’ai apprécié mon emplacement au théâtre désormais ? Si vous avez besoin d’arguments supplémentaires pour aller à ces répétitions, je vous invite à lire cet article et celui-ci ! Allez, laissez-vous tenter, l’entrée est libre !

Répétition publique - ©Aurore Keller pour My Mulhouse

Répétition publique – ©Aurore Keller pour My Mulhouse

Que dire concernant la représentation officielle ? Tout simplement, à la hauteur des promesses formulées par Stephan Thoss à la répétition. Encore une fois, j’ai compris ce qui était souhaité car son idée a été menée au bout. Je retiendrai la phrase suivante du chorégraphe allemand : “C’est le son qui produit le geste du danseur, qui devient à son tour musicien d’un instrument : son corps“.

Dans ce ballet, le corps a été placé au sommet de ses capacités et de sa mise en valeur. Chaque moment musical correspondait à un mouvement et une émotion créés sur mesure. Cette importance du corps a été, comme annoncé, valorisé durant le spectacle par le costume sobre, gris, troué sur le dos afin de mettre en valeur la colonne vertébrale, d’où chaque mouvement surgit. En outre, j’ai été époustouflée par la mise en lumière des corps et de la scène qui me semblait très appropriée afin d’appuyer le propos du chorégraphe. Je ne pouvais donc que saluer la prestation fournie par ce chorégraphe qui m’a permis de pleinement aimer un chef d’œuvre que je trouve intemporel, sans compter le travail monumental des danseurs dont les mouvements étaient si beaux et précis !

Danseurs(euses) : Erika Bouvard, Susie Buisson, Kusi Castro, Sandra Ehrensperger, Thomas Hinterberger, Dane Holland, Anna Ishii, Yann Lainé, Renjie Ma, Anna-Maria Maas, Stéphanie Madec-Van Hoorde, Gabriel Maxwell, Christelle Molard-Daujean, Hamilton Nieh, Céline Nunigé, Marwik Schmitt, Wendy Tadrous, Alain Trividic, Alexandre Van Hoorde.

J’ai aimé : Cette réappropriation artistique et retourner au très beau Théâtre de la Sinne.
J’ai moins aimé : Ne pas savoir, avant la représentation, qu’il y avait une première partie.
Infos pratiques :

Théâtre de la Sinne
39, rue de la Sinne
68100 Mulhouse
Tél. : 03 89 33 78 01

Opéra national du Rhin
Site : www.operanationaldurhin.eu
Facebook : www.facebook.com/operanationaldurhin

Prochaines représentations du “Sacre du Printemps” à Colmar : le samedi 24 octobre à 20h et le dimanche 25 octobre à 15h !

Centre chorégraphique national de Mulhouse
38, Passage du Théâtre
68100 Mulhouse
Tél. : 03 89 45 94 10

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Passionnée par la culture au sens large, formée pour travailler dans les musées, curieuse de tout... Pourquoi ne pas vous faire partager mes découvertes ?

3 Commentaires

  1. Marie-Eve dit

    J’étais aux répétitions publiques samedi aprèm à la Sinne (entre deux représentations du coup), et c’était BEAU mais BEAU. Rien que l’échauffement est magnifique. Ensuite, c’est intéressant d’assister aux corrections : les danseurs sont interpellés sur des petits détails qui restent à perfectionner suite à la représentation de la veille.

    • Aurore dit

      J’aurai bien voulu assister à une répétition avec des interventions pour corriger les mouvements, ça devait être intéressant à voir ! 😮 Pour ma part, la répétition s’est structurée en deux temps : 1/ présentation et explications de la démarche 2/ démonstration d’une partie du ballet, sans interruptions. Je suis impatiente d’aller à une prochaine répétition pour comparer !

      • Marie-Eve dit

        Il n’y avait pas beaucoup de corrections, tant mieux pour eux. 🙂 Parfois ce n’est pas le mouvement qui coince mais l’intention qui est donnée, le placement sur scène… En tout cas c’est vrai que c’est intéressant, mais ça doit l’être d’autant plus quand on a vu le ballet !! Ce qui n’était pas mon cas. 😮

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