Au fil des saisons, Évènements / Festivals
Laisser un commentaire

Mon expérience de Wagges au Carnaval de Mulhouse

J’ai grandi au rythme des carnavals et, dès mon plus jeune âge, je rêvais d’intégrer un groupe de Wagges, ce qui est chose faite désormais ! Laissez-moi vous raconter ma première expérience dans la peau de ce charmant personnage, dans la troupe des Schnàckeschlàgger Wagges au Carnaval de Mulhouse !

Qu’est-ce qu’un Wagges ?

C’est une caricature de l’Alsacien, dont le nez proéminent n’a pas d’égal, vêtu d’une chemise ornée d’une cocarde, d’un foulard avec un col, d’un pantalon retroussé qui laisse apparaître de belles chaussettes rayées, sans oublier les sabots. Bien évidemment, un Wagges doit perdre toute trace de son humanité, d’où les gants blancs. Chaque troupe décide du masque, de ses couleurs et des accessoires à porter (certains ne portent pas de col par exemple).

L’origine du Wagges/Waggis/Wackes (choisissez le terme que vous préférez) vient de nos voisins suisses allemands et allemands. Il semblerait que cela renvoyait aux Alsaciens travaillant à Bâle et qui dépensaient leur argent dans cette même ville. En général, c’était aussi une manière de relever le fait que les Alsaciens ne sont pas d’authentiques germaniques et qu’il faut s’en méfier car – sachez-le – ces individus sont de sacrés filous en plus d’être de bons vivants, comme vous pouvez le remarquer lors des carnavals.

Désormais, les Wagges viennent de tous les horizons : Allemagne, Suisse mais aussi d’Alsace, comme c’est le cas de ma petite troupe, les Schnàckeschlàgger Wagges.

Les Schnàckeschlàgger Wagges

Ma troupe est localisée à Zillisheim et a pris la forme d’une association à but non lucratif. Elle est composée de 11 membres, dont la majorité vient évidemment de cette même commune. Nous n’existons que depuis le début de l’année. Néanmoins, nous ne sommes pas forcément perdus par rapport aux évènements car nous avons préparé le terrain depuis septembre et que quelques uns de nos membres ont eu l’occasion de faire partie d’autres troupes de Wagges par le passé, ce qui n’est pas négligeable !

Alors, pourquoi ce nom qui semble imprononçable pour bon nombre d’entre vous apparemment ? Eh bien, pour vous embêter pardi ! Non, soyons aussi sérieux que possible … “Schnàckeschlàgger” signifie littéralement “Lécheur d’escargots” (vous avez un second sens plus officieux que je n’écrirai pas ici puisque MyMulhouse est tout public … C’est bon ? Vous l’avez ?). Pourquoi des escargots allez-vous me dire ? L’escargot est l’animal-emblème de Zillisheim, tout simplement.

Le masque a été choisi en fonction de la signification de notre nom de groupe (la langue tirée et les yeux rieurs) et nous portons les couleurs de Zillisheim !

Photo de groupe le vendredi soir (avec hélas un absent) – ©Robert Muller

Mon expérience au Carnaval de Mulhouse

Nous avons participé à la mini parade du vendredi soir ainsi qu’à la cavalcade internationale qui a eu lieue dimanche.

Moi, mon masque et mes sabots …

Étant une personne pratique, je me demandais si j’allais être en mesure de supporter le masque et de marcher en sabots parce qu’il faut bien l’admettre, il n’y a pas mille occasions qui se présentent pour s’entraîner. Et, je dois bien l’avouer, je ne me vois pas me balader pour le plaisir avec cet accoutrement en dehors du contexte carnavalesque.

Notre masque – ©Schnàckeschlàgger Wagges

Maintenant que j’ai testé ce costume sur plusieurs heures, je peux vous dire que le masque n’est pas lourd mais encombrant … Il faut bien se dire que nos yeux arrivent au niveau des narines et donc imaginez combien de centimètres sont rajoutés à notre tête jusqu’au sommet du masque, soit le point le plus haut de la coiffe. Ensuite, dites-vous qu’à notre visage sont rajoutés quelques centimètres sur les côtés car oui, nous sommes formés normalement et que le principe du masque est de pouvoir mettre sa tête dedans ! Et le nez, quel nez ! Notre nez est relativement gérable car il n’est pas trop long mais plutôt gros et relevé mais il est difficile de prendre en considération la présence de ce nez quand on a l’habitude de ne gérer que notre faciès traditionnel. Et, pour rajouter plus de saveur à l’expérience carnavalesque, nous ne voyons plus à 180°. Nous voyons devant, et c’est tout ! Donc, pour voir correctement un ensemble, nous devons tourner la tête ou la baisser. J’en arrive donc à des recommandations, pour votre propre bien-être :

  • Ne laissez pas traîner une poussette car notre repère le plus efficace est l’adulte qui le pousse. Nous pouvons évaluer la difficulté de loin, mais rien ne nous dit que le contexte ne changera pas entre notre repérage de la “cible” (comprenez “personne qui va déguster” ou “personne qui va recevoir” ou les deux) et notre arrivée à la “cible”. En prolongeant l’idée, nous arrivons aussi au fait qu’il faut bien faire attention aux enfants car, même si nous baissons la tête pour mieux percevoir l’environnement qui se trouve en-dessous du niveau de notre taille, un enfant circule vite (très vite, trop vite) …
  • Ne vous approchez pas trop de nous si vous souhaitez nous interpeller ; votre visage risque de rencontrer plus ou moins brutalement notre masque et cela est fort peu agréable. Nous tenons un rôle, nous sommes agités.

De rien ; c’est gratuit.

Concernant, les sabots, j’ai été étonnée par mon aptitude toute naturelle à poursuivre des personnes. Donc, tout allait bien pour ma voute plantaire et mes doigts de pieds. Merci de vous en soucier.

Sans-gênes que nous sommes !

Notre groupe arrivant à la Place de la Réunion – ©Juliette Girardot

Oui, nous avons poursuivi des personnes. Oui, nous avons frictionné des confettis sur la tête des spectateurs. Oui, nous avons mis des confettis dans vos vêtements. Oui, nous avons offert des carottes (avec deux clémentines, ou pas) aux femmes (signification pas nécessaire dans un blog tout public, encore une fois) et plus rarement aux enfants qui réclamaient trop les bonbons (“Prends ça gamin, les légumes, c’est meilleur pour la santé et ça rend aimable” haha). Oui, nous avons poursuivi des gens lorsque c’était possible.

Oui, nous avons adoré le faire.

Mais, vous nous l’avez bien rendu et vous profitiez bien qu’on soit limité sur le plan visuel et qu’on ait parfois des barrières entre nous ! Je ne vous félicite pas, vraiment pas ! Bon, il faut dire qu’on avait parfois de quoi répliquer aussi. Alors, je ne sais pas ce qu’il en est de vous, mais il me semble qu’il y a tout de même un tantinet de masochisme dans ses actions … Non ?

J’ai aimé : l’ambiance générale, être le Wagges, les “merci”.
J’ai moins aimé : les tentatives de vol dans nos sacs ou dans nos mains, les confettis qu’on tentait d’insérer dans nos masques.
Infos pratiques :
Les Schnàckeschlàgger Wagges
Facebook : https://www.facebook.com/groups/1224629390944182/?fref=ts

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *