Théâtre
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Saïgon, une pièce de théâtre émouvante

Saïgon est une pièce de théâtre écrite par Caroline Guiela Nguyen, définie comme une “fresque sentimentale à la  Wong Kar-wai”, que j’ai vu à la Filature le 27 février dernier. Une belle découverte en deux langues (français et vietnamien) que je souhaitais vous partager !

Contexte de l’histoire

La pièce se tient en 1996, année où le gouvernement vietnamien vient d’autoriser les “Viet Kieu” (vietnamiens de l’étranger) à revenir.
Nous nous trouvons dans le 13e arrondissement de Paris, dans un restaurant appelé Saïgon, la toile de fond de l’ensemble de l’histoire, sur des tons vers pastel, avec une cuisine ouverte, une petite scène, des tables et des chaises en métal. Ce restaurant est tenu par Marie-Antoinette, une personne d’origine vietnamienne.

Et comme tout lieu public, c’est un lien de rencontres, celles des exilés et descendants du Vietnam, des personnes marquées par l’histoire du Vietnam donc, ce qui nous renvoie à une année, 1956, qui sera abordée par quelques flashback.

Rencontres et séparations de personnages attachants

Par cette fresque touchante, nous découvrons des histoires dont les départs et les séparations ont construit l’existence des personnages. Déracinés, ils ont appris à vivre sans leur Vietnam natal, ont fondé une famille (ou non) à Paris. Les Vietnamiens, encouragés à partir, sont des personnes qui ont été accusées d’avoir collaboré avec l’ennemi, tandis que cet ennemi quitte le territoire, parfois à contre-coeur.

Saigon - ©Jean-Louis Fernandez

Saigon – ©Jean-Louis Fernandez

Trois personnages (je ne retiens que rarement les noms, désolée) m’ont particulièrement marquée :

  • La mère vietnamienne d’un des personnages, qui a suivi son mari (un ancien militaire) en France  ;
  • Le fils qui s’interroge sur la raison du refus de sa mère à retourner au Vietnam le temps d’un séjour ;
  • Le chanteur qui quitte son pays et sa compagne.

Et si dans ce top 3, je devais retenir un seul personnage, c’est celui du chanteur, dont l’histoire m’a brisé le cœur. Il est parti seul, semblait vivre un peu dans le passé, comme une pièce rapportée qui ne retrouve pas ses marques. D’ailleurs, il est retourné dans son pays d’origine, confronté à un Vietnam qu’il ne reconnait plus. En tout cas, c’est ce que j’ai compris et ressenti.

Une mise en scène qui coule de source

Quand il y des allers-retours réguliers entre le passé et le présent, on peut toujours craindre de ne pas pouvoir suivre le déroulement. Comme je n’ai jamais vu de pièces avec flashback, je me demandais ce que ça allait donner.
Eh bien, il se trouve que c’est très aisé de suivre l’histoire, non seulement avec le texte sur le haut de la scène qui recontextualise à chaque fois, mais aussi par la décoration du restaurant qui change un tantinet, sans compter les personnages qui apparaissent plus jeunes ou vieux selon le moment.

Si vous aimez le théâtre dramatique, engageante du point de vue émotionnel, n’hésitez pas. Le fond est dense, l’histoire est belle et le contexte historique est intéressant !

J’ai aimé : le contexte, les histoires qui s’entremêlent, la profondeur de certains personnages
J’ai moins aimé : il était parfois difficile de comprendre la voix-off malgré une diction effectuée avec effort, mais rien de bien grave !
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Passionnée par la culture au sens large, formée pour travailler dans les musées, curieuse de tout... Pourquoi ne pas vous faire partager mes découvertes ?

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