Festivals
Laisser un commentaire

Soviet Suprem à Décibulles, le goulag version 2016 !

Ce groupe français mélangeant influences balkaniques, militaro-punk et électro est en campagne pour l’élection 2017… Si vous ne votez pas pour eux, vous irez au Goulag. Rencontre…

soviet suprem

Soviet Suprem déchaîne la foule avec sa musique française aux influences balkaniques – ©Camille Dietsch pour My Mulhouse

C’est dans le bus climatisé que John Lenine (Toma Feterman, chanteur de La caravane passe) et Sylvester Staline (R-Wan de Java) nous accueillent pour l’interview. Nous, parce que je suis accompagnée par d’autres acolytes radiophoniques. Malgré leur détente affichée, ils militent de tout temps pour leur programme électoral…

Camille : Est-ce que vous avez déjà fait des bulles à savon ?

R-Wan : Ah mais alors en fait, nous on nous a dit que les bulles de Décibulles, c’était pas exactement des bulles à savon. Mais bon, si tu demandes, je vais te dire… ça me rappelle une chanson que j’ai écrite pour ma petite soeur : (Toma prend son ukulélé et ils commencent à chanter une chanson que je n’aurai l’affront de tenter d’imiter) Laissez les enfants faire des bulles !

J’ai cru déceler des notes de Bobby Lapointe dans votre chanson Rograkatikatong, suis-je éloignée de la réalité?

Sylvester Staline : Vous rigolez ! Quelques artistes se sont effectivement inspirés de nos chansons et de notre air. Bobby en fait partie. On a d’ailleurs discuté avec lui à l’époque, il n’en était pas peu fier. Nous sommes à la pointe de Bobby.

John Lenine : Tu joues au clavier Christian ?

Sylvester Staline : Non, je suis une brêle, Jacques!

Quels sont vos projets pour la suite?

John Lenine : Prendre le pouvoir en 2017 bien sûr. Gagner les élections de manière très démocratique. Car… oui… je suis candidat aux élections de 2017.

Sylvester Staline : Je me permets de vous interrompre là M. Lenine, car… oui… je serai le candidat vainqueur de 2017. Comment osez-vous me faire un tel affront ? Moi Président, les gens auront le droit de danser. Moi président, vos magouilles n’auront plus leur place.

John Lenine : Oui, bien sûr. Souvent, on me taxe de dictateur, qu’il y a un manque de démocratie. Mais c’est faux ! C’est l’homme du passé qui parle.

Les bobos, hipsters, écolos s’y retrouvent-ils dans votre programme ?

Sylvester Staline : Ouh la, ouh la ma pauvre, vous allez bien vite. Bobo… Hipster… Ecolo… je vois là trois notions qui n’ont pas forcément de lien entre elles…

John Lenine : Je suis pour la réindustrialisation de la planète. Nous n’exploitons pas assez nos ressources.

Sylvester Staline : L’énergie est au bord du précipice. On va finir par aller sur la planète rouge avec ces conneries. Je demande un moratoire pour sortir du nucléaire.

John Lenine : Mais vous ne comprenez décidément rien mon pauvre Staline !

Organiserez-vous des ostalgies?

Sylvester Staline : Ouah, cette question est… toi on t’embauche, tu bosses pour qui ?

John Lenine : C’est un bon sentiment… Ostalgique… On a d’ailleurs une chanson en cours. Rien d’illégal.

Sylvester Staline : Pour les produits, on pensait à un parfum Soviet Suprem, et pour les vêtements à une ligne de Karl Marx Lagerfeld.

Vous n’êtes pas seuls dans la course !

Sylvester Staline : Bien sûr que non, il y a des gens dangereux, comme ce Bruno Lemaire, c’est un redoutable médiateur.

John Lenine : Les Nuits deux bouts par exemple, François Hollande a laissé faire. Mais moi… j’envoie les chars !

Sylvester Staline : Ça me laisse pantois.

John Lenine : Nous nous réconcilierons mon cher Staline pour octobre 2017 s’il le faut. La révolution russe se fêtera dans le rouge.

R-Wan : T’as l’air d’un épagneul, Toma.

Si je publie cet interview sans passer par le bureau de censure, je risque quoi ?

John Lenine : Ben, le goulag. Non, mais ce n’est pas SI dur. Le public s’attache en fait. C’est une révolution musicale sur le dancefloor. Il y a une notion de plaisir.

Sylvester Staline : Torture plaisir, oui, mais c’est pas si terrible.

Et enfin, pour vous, les priorités à droite, ça fait sens pour vous?

Sylvester Staline : Hum… les priorités à droite…. Ah oui, je vois très bien. En fait, ça laisse pas passer les gens qui viennent de gauche. Ah oui… Tu parles de l’Angleterre et du Brexit, en fait, c’est ça ? Décapitation!

C’est sur ces notes extrêmement folles que je finis l’interview des Soviet Suprem. Un bon moment de rigolade. Ils doivent se rendre près de la scène dans moins de 20 minutes pour jouer dans 40… Ils sont excités de trouver leur public. L’histoire ne le dit pas… oh et puis si : leur concert a déchaîné les foules. Les fans étaient là à crier “Staliiiiiiiine” ou “Leniiiiiiiiiine”, et à sauter, à danser, à chanter. 

soviet suprem decibulles

Sous un soleil de plomb, les festivaliers se déhanchent et se lâchent sur les paroles de Soviet Suprem – ©Camille Dietsch pour My Mulhouse

J’ai aimé : la rencontre, leur humour et leur imaginaire décalé (mais pas tant que ça) et leur musique
J’ai moins aimé : l’interview le plus loufoque et complexe à retranscrire de ma vie
Infos pratiques :
Soviet Suprem, leur site internet et Facebook
Décibulles 2016 : le dossier
Classé sous : Festivals

de

Sundgauvienne de naissance, Mulhouse était pour beaucoup « the place to be » lorsque j’étais ado. Aujourd’hui, après de nombreuses années de vie un peu partout en France et à l’étranger, je me re-pose et re-découvre cette ville. Je vous propose de m’accompagner dans mes découvertes et kiffs sur une « place to be » parmi tant d’autres dans ce monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *