Culture / Expos
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Initials V.V.

Auteur de BD, prof d’arts plastiques, passionné de musique, Vincent Vanoli vient de publier son « Panorama de la musique populaire » aux éditions Chicmedias. Rencontre avec un artiste prolixe, qui nourrit de matériau autobiographique son dessin distordu et fantasmagorique.

Vincent Vanoli en dédicace à Mélodie en Sous-sol © Zab Chipot

C’est au Gambrinus que je retrouve Vincent, une heure avant le début de son DJ set avec son pote et autre habitué des lieux, DJ Moket. Le livre est sorti en avril dernier, et Vincent se prête de bonne grâce aux rencontres, dédicaces et interviews pour en parler – y compris sur ARTE, ce qui souligne bien la place à part qu’a cet auteur singulier dans l’univers de la BD contemporaine, avec la parution d’une quarantaine d’albums en un peu plus de 30 ans. Mais, une fois n’est pas coutume, ce n’est pas une BD que Vincent a publié cette année, mais un foisonnant et non-encyclopédique « Panorama de la musique populaire » qui convoque 340 artistes dans un ouvrage dont il nous raconte la genèse, l’élaboration, et la suite.

Ton « Panorama » est né en ligne, sur Facebook. Comment t’es venue l’idée de ce livre ?

J’ai démarré ce travail en 2020, pendant le confinement : la période était angoissante, il fallait que je m’occupe la tête. Pour me rassurer, je me suis tourné vers mes fondamentaux, qui sont la musique et le dessin : j’ai donc cherché ces doudous, au fond de mon armoire. Sur Facebook, je suis tombé sur une vidéo postée par Sing Sing du groupe Arlt, c’était un morceau d’Ivor Cutler et je me suis dit wow, il y des choses géniales à trouver sur ce réseau. Le lendemain, j’ai posté mon premier dessin, donc celui d’Ivor Cutler, qui a vite été suivi des Stranglers suite au décès de son claviériste Dave Greenfield. Et ensuite j’ai continué…rien n’était donc prémédité, même si je sentais qu’il y avait un potentiel.

Une fois le projet démarré, tu t’es imposé des contraintes ? Qu’est-ce que Facebook t’a apporté ?

J’ai décidé de faire des vignettes carrées, toujours au même format, en intégrant le nom de l’artiste et la numérotation. Quant au choix de qui j’allais dessiner, j’ai eu envie de faire se côtoyer des artistes obscurs et des très connus, dans un mélange de genres qui me fait passer de Happy Mondays à C Jérôme en toute liberté. Le « populaire » qui est le fil rouge du livre, c’est ça : un terme ambigu, qui regroupe aussi bien de la variétoche que des groupes cultes. C’est disons une relecture subjective de l’histoire du rock et de la musique populaire, avec toujours beaucoup d’affection pour les artistes que je dessine.

© Vincent Vanoli

Quant à Facebook, j’y suis venu très tard, mais c’est pour moi comme une galerie d’expo : je travaille le dessin dans un autre cadre, loin de la solitude qui est celle de la BD. J’y ai aussi trouvé des échanges stimulants, des interactions, bref de l’humanité. Et cela vient nourrir mon livre, assurément.

420 dessins, un livre, tu t’arrêtes là ?

En fait, au bout d’un an de travail, j’ai pensé à regrouper tout ceci dans un livre, et je me suis tourné vers un éditeur local que j’apprécie, Chicmedias. Bruno Chibane était intéressé par le projet, mais pas uniquement sous forme de recueil : il voulait du texte, alors le « Panorama de la musique populaire » est devenu un livre de dessins, de musiques et de souvenirs.
L’aventure continue sur Facebook, mais je ne ferai pas de tome 2:-).

© Vincent Vanoli

Tes deux passions, le dessin et la musique, sont arrivées comment dans ta vie ?

J’ai d’abord commencé par le dessin. Mon style s’est rapidement nourri de l’expressionnisme allemand et du cinéma italien, avec un côté « grotesque » qui se prête parfois à la caricature.

Ma famille n’était pas très mélomane, mais il y avait un plaisir simple à écouter de la variété. Je suis venu au rock à l’adolescence, avec les Beatles, que j’ai découverts chez un pote. A Longwy, où j’ai grandi, on allait voir un peu tout ce qui passait, et la musique est vite devenue un sujet sérieux pour moi. J’aime bien retrouver ces moments, ces anecdotes, ces souvenirs. Je pense que je suis devenu sentimental par rapport à tout ça, et aux concerts qu’on vivait complètement, pas au travers d’un écran de smartphone.

Pour terminer, quel est ton regard sur Mulhouse ?

Mulhouse est un peu rude, mais l’humain y est omniprésent. C’est une ville qui tranche avec la carte postale alsacienne, elle est libre et dynamique.

Je suis arrivée en 1995 en Alsace, j’ai eu très vite besoin d’être dans une communauté, que j’ai trouvée par exemple chez Hiéro Colmar. Je suis lorrain, mais je suis aussi de Mulhouse :-).

« Panorama de la musique populaire » est disponible sur le site de Chicmedias.
Suivez Vincent Vanoli sur sa page Facebook et sur son site web.
Vincent sera également en dédicace les 14 et 15 mai à la foire du Livre de Saint-Louis (stand du Détour).

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Au début, de l'indifférence, puis de l'attachement, ensuite un rejet total, et aujourd'hui je l'aime aussi tendrement que sereinement. Une histoire d'amour classique, donc, que j'essaie de raconter à ma façon, avec les mots que j'adore manier et les images qu'elle m'offre chaque jour.

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